Une idée tenace circule chez les candidats à la longère sur la côte : le compte épargne logement servirait à préparer l'achat d'une maison de vacances, avec un prêt à taux réduit à la clé. C'est faux. Le prêt adossé au CEL est réservé à la résidence principale et à quelques travaux précis ; une résidence secondaire, même en Bretagne où elles abondent, n'y a pas droit.

Le CEL reste pourtant un outil utile, à condition de savoir ce qu'il fait vraiment. Les réponses ci-dessous reprennent les règles publiées par service-public.fr (fiche consultée en octobre 2026) et la fiche de l'Institut national de la consommation. Elles valent pour un CEL ouvert aujourd'hui ; les comptes plus anciens obéissent parfois à d'autres règles, signalées au fil du texte.

Le compte épargne logement en un tableau

RepèreRègle en vigueur
Versement à l'ouverture300 € minimum
Versements suivants75 € minimum
Plafond des versements15 300 € (seuls les intérêts capitalisés le dépassent)
Taux brut1,25 % depuis le 1er août 2026
Fiscalité (ouvert depuis 2018)prélèvement forfaitaire unique de 30 %
Prime d'Étatsupprimée pour les CEL ouverts depuis le 1er janvier 2018
Prêtaprès 18 mois, 23 000 € au plus

Ouvrir et alimenter un CEL

Qui peut ouvrir un compte épargne logement ?

Toute personne, majeure ou mineure. On ne peut détenir qu'un seul CEL. Il est possible d'avoir en parallèle un plan d'épargne logement (PEL), mais les deux doivent être ouverts dans la même banque.

Combien faut-il verser ?

Au moins 300 € à l'ouverture, puis au moins 75 € par versement. Il n'y a pas d'obligation de versement régulier : on alimente le compte quand on veut. Le plafond est de 15 300 € de versements ; les intérêts capitalisés peuvent porter le solde au-delà.

L'argent est-il bloqué ?

Non, c'est la grande différence avec le PEL. Les retraits sont libres, à une condition : le solde doit rester d'au moins 300 €, sinon le compte est clôturé. Le CEL peut donc servir d'épargne de précaution, à côté d'un livret A.

Peut-on changer de banque ?

Oui, le CEL se transfère dans un autre établissement, sauf si l'on détient un PEL dans la banque d'origine, puisque les deux produits doivent rester ensemble. La clôture est libre ; ses modalités et éventuels frais dépendent de la banque.

Taux et fiscalité

Combien rapporte un compte épargne logement en 2026 ?

Le taux brut est de 1,25 % depuis le 1er août 2026. Il est fixé par les pouvoirs publics et suit l'évolution du livret A : il peut donc monter ou baisser à chaque révision. Les intérêts sont calculés par quinzaine et ajoutés au capital chaque année au 31 décembre.

Combien rapporte concrètement un CEL plein ?

Un calcul simplifié donne l'ordre de grandeur, en supposant le taux stable sur l'année et un solde constant. Avec 15 300 € placés à 1,25 %, les intérêts bruts atteignent environ 191 € par an. Après le prélèvement forfaitaire unique de 30 %, il reste autour de 134 € nets, soit un rendement net proche de 0,88 %. Avec 5 000 €, on obtient environ 62 € bruts et 44 € nets.

Dans la réalité, le calcul se fait par quinzaine : une somme versée le 3 du mois ne commence à produire des intérêts qu'à partir de la quinzaine suivante, et une somme retirée cesse d'en produire dès la quinzaine en cours. Mieux vaut donc verser en fin de quinzaine et retirer en début de quinzaine quand c'est possible. Les intérêts ne sont inscrits sur le compte qu'au 31 décembre, ce qui explique qu'un relevé de juillet ne montre encore aucun gain.

Tirelire en céramique blanche avec un billet de 20 euros glissé dans la fente

Ces montants restent modestes. Ils comptent pourtant pour la suite, puisque ce sont les intérêts accumulés qui déterminent les droits à prêt : un compte peu alimenté ou ouvert récemment n'ouvre droit qu'à un petit prêt.

Les intérêts sont-ils imposés ?

Pour un CEL ouvert depuis le 1er janvier 2018, oui : les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, la « flat tax », de 30 % selon service-public.fr, qui englobe impôt sur le revenu et prélèvements sociaux. Le rendement net est donc nettement inférieur au taux affiché.

Pour un CEL ouvert avant 2018, les intérêts restent exonérés d'impôt sur le revenu mais supportent les prélèvements sociaux, de 17,2 % d'après la fiche de l'Institut national de la consommation.

Existe-t-il encore une prime d'État ?

Seulement pour les comptes ouverts avant le 1er janvier 2018. Elle vaut 50 % des intérêts acquis depuis le 16 juin 1998, plafonnée à 1 144 €. Un CEL ouvert aujourd'hui n'en bénéficie pas.

Le prêt épargne logement

Quand peut-on demander le prêt ?

Après au moins 18 mois d'épargne, et à condition d'avoir acquis un montant minimum d'intérêts : 75 €, 37 € ou 22,50 € selon l'objet du financement. Le montant du prêt dépend des intérêts accumulés : plus le compte a été alimenté longtemps et fortement, plus les droits sont élevés.

Quel est le montant maximal ?

23 000 € pour un CEL seul, et 92 000 € au total si l'on cumule les droits d'un CEL et d'un PEL. C'est donc un complément de financement, jamais l'essentiel d'un achat immobilier.

À quel taux emprunte-t-on ?

Pour un CEL ouvert depuis 2018, le taux du prêt est égal au taux de rémunération du compte majoré de 1,5 point. Service-public.fr indique un taux de 2,75 % pour les CEL ouverts à partir du 1er février 2025. Le taux applicable dépend de la date d'ouverture : la banque le précise dans l'offre.

Le prêt est-il automatique ?

Non. Il reste un crédit : la banque étudie la solvabilité de l'emprunteur et peut refuser. Elle peut aussi exiger un remboursement immédiat si l'argent finance une opération que la réglementation n'autorise pas.

Ce que le prêt finance, et ce qu'il ne finance pas

Quels projets sont finançables ?

Selon service-public.fr, le prêt sert à la résidence principale :

  • achat d'un logement neuf ou ancien,
  • construction,
  • extension,
  • travaux d'isolation, de chauffage ou d'installation d'énergies nouvelles.

Il peut aussi financer un local commercial ou professionnel qui comprend la résidence principale, par exemple une maison avec boutique au rez-de-chaussée.

Et une résidence secondaire en Bretagne ?

Non, et c'est là que l'idée reçue coûte cher. Un prêt CEL employé pour acheter ou rénover une maison de vacances sort du cadre réglementaire, et la banque peut en exiger le remboursement. Le compte peut évidemment servir d'épargne disponible pour un apport, puisque les retraits sont libres ; mais le prêt à taux encadré, lui, est fermé à ce projet. Notre guide acheter une résidence secondaire en Bretagne détaille les financements et la fiscalité propres à ce type d'achat. Une maison de vacances entraîne en outre une taxe d'habitation sur la résidence secondaire, parfois majorée dans les communes du littoral.

Et la rénovation énergétique d'une maison ancienne ?

C'est l'un des usages les plus adaptés, si la maison est la résidence principale. Isolation, changement de chauffage ou installation d'énergies renouvelables entrent dans le champ du prêt, et les montants modestes (23 000 € au plus) correspondent bien à des travaux ciblés plutôt qu'à une rénovation complète.

Artisan sur une nacelle réparant le haut d'un pignon en brique sous un toit de tuiles

Famille, décès, cas particuliers

Peut-on donner ses droits à prêt à un proche ?

Oui. Les droits à prêt d'un CEL peuvent être cédés à un membre de la famille, à condition que celui-ci soit lui-même titulaire d'un CEL ouvert depuis au moins 18 mois ; ce délai peut être réduit à 12 mois dans certains cas. C'est une manière d'aider un enfant qui achète sa première résidence principale.

Que devient le CEL en cas de décès ?

Le compte est clôturé, mais l'épargne et les droits à prêt et à prime passent aux héritiers. Les frais bancaires liés à la succession sont plafonnés à 1 % du total des comptes et produits d'épargne du défunt, sans dépasser 857 €.

Un mineur peut-il avoir un CEL ?

Oui, service-public.fr précise que toute personne, majeure ou mineure, peut en ouvrir un. Les droits à prêt accumulés pourront, le moment venu, servir à son propre achat ou être cédés à un membre de la famille.

Quelles erreurs éviter avec un CEL ?

Trois pièges reviennent souvent. Le premier consiste à laisser le solde passer sous 300 € lors d'un retrait : le compte est alors clôturé, et les droits à prêt accumulés avec lui. Le deuxième est d'ouvrir un CEL et un PEL dans deux banques différentes, ce que la réglementation interdit. Le troisième est de compter sur le prêt pour un projet qu'il ne couvre pas, comme une résidence secondaire ou un investissement locatif : la banque refusera, ou exigera plus tard le remboursement si l'usage réel ne correspond pas à l'objet déclaré.

CEL ou PEL : lequel choisir ?

CritèreCELPEL
Disponibilité de l'épargneretraits libresépargne bloquée
Plafond15 300 €61 200 €
Tauxvariable, suit le livret Afixé à l'ouverture, garanti
Délai avant prêt18 mois4 ans

Le CEL convient à une épargne souple, à horizon court ou incertain. Le PEL convient mieux à qui peut immobiliser une somme plus importante pendant plusieurs années. L'Institut national de la consommation rappelle qu'un apport de 10 à 20 % de la valeur du bien est recommandé pour l'achat d'une résidence principale : l'épargne logement est l'un des moyens de le constituer.

Pour ceux qui préparent une installation durable dans la région, notre guide acheter sa résidence principale reprend toutes les étapes, du budget à la signature chez le notaire. Les ménages à l'apport limité peuvent aussi regarder du côté de la location-accession et du PSLA, qui permet d'habiter le logement avant de l'acheter.

Questions fréquentes

À combien est rémunéré un compte épargne logement ?

1,25 % brut depuis le 1er août 2026. Le taux est révisé en même temps que celui du livret A.

Jusqu'à combien peut-on verser sur un CEL ?

15 300 € de versements. Les intérêts capitalisés chaque 31 décembre peuvent faire dépasser ce montant.

Peut-on retirer de l'argent d'un compte épargne logement ?

Oui, librement, tant que le solde reste d'au moins 300 €. En dessous, le compte est clôturé.

Le CEL permet-il de financer une résidence secondaire ?

Non pour le prêt, qui est réservé à la résidence principale et à certains travaux. L'épargne elle-même reste disponible et peut servir d'apport pour n'importe quel projet.

Le compte épargne logement vaut-il encore le coup ?

Comme épargne disponible, son rendement net après fiscalité reste modeste. Son intérêt tient surtout au prêt pour la résidence principale ou des travaux d'énergie, et à la possibilité de céder ses droits à un proche. Chaque situation est différente : la banque détaille les conditions applicables au compte concerné.

Sources et références

  • Service-public.fr, Compte épargne logement (CEL) — www.service-public.gouv.fr
  • Institut national de la consommation, Fiche épargne logement (PEL et CEL) — www.inc-conso.fr